Quand j’ai commencé les cours avec Saraa, je ne connaissais que cinq pages du Coran. Je n’avais aucun objectif. J’étais, entre guillemets, juste là, en cours. Je n’avais aucun bagage, même en arabe. Même des mots très simples comme « moualima », je ne les connaissais pas.

Au début, je ne sais pas trop pourquoi je suis là. Mais j’aime tout de suite. J’aime aller en cours. J’aime être en cours. J’aime écouter le cours. En fait, j’aime beaucoup Saraa.
Puis nous avons commencé Al-Baqara. Au début, j’apprenais une ou deux pages par semaine. Très vite, Saraa m’a fait passer à une page par jour. Étonnamment, cela ne m’a pas fait peur.

Parce que beaucoup de personnes se disent : « Je ne le mérite pas », « J’ai trop de péchés pour qu’Allah me facilite le Coran. » Moi, je me disais plutôt : même avec tous ces péchés que j’ai, même avec toutes ces défaillances, tous ces défauts, Allah peut me le faciliter, puisqu’Il le facilite aux autres.

Du coup, je me disais : c’est possible !

Le fait d’avoir que des sœurs plus avancées que moi me motivait énormément. Quand j’ai commencé avec Saraa, elles étaient toutes beaucoup plus avancées que moi. Au lieu de me décourager, cela m’a donné envie d’avancer à mon tour.

Après avoir terminé Al-Baqara, j’ai vraiment vécu un déclic. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « Je vais terminer le Coran. » Mon objectif venait de la grandeur de ce qu’est le Coran. Ensuite, il y a eu mes parents. Et puis le fait de me dire qu’entre guillemets, la fin, c’est le Paradis.
Je faisais aussi énormément de dou’as. Je sais très bien que même si nous faisons les causes, c’est vraiment Allah qui facilite. Je Lui demandais de m’accorder la sincérité, de toujours rester déterminée et motivée.

Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié chez Saraa, c’est son exigence. Pour moi, l’exigence dans la validation était une vraie qualité. Je voulais tellement bien faire que parfois c’était moi-même qui me fatiguait.

Au fil de la mémorisation, je me disais que c’était aussi une responsabilité. Cela me poussait à faire davantage attention à ma manière de me comporter, à m’éloigner des péchés, à faire attention à ce que je disais et à essayer de toujours m’améliorer.

Bien sûr, il y a eu des moments difficiles. J’ai eu des périodes de flottement. Mais je continuais quand même. Et avec le recul, je sais que ces difficultés m’ont rapprochée davantage d’Allah. Je me suis même déjà dit que si je n’avais pas eu le Coran à ce moment-là de ma vie, je me serais perdue. Il fallait que je m’accroche à quelque chose, et c’était le Coran.

J’ai aussi découvert que mémoriser le Coran m’avait énormément facilité l’apprentissage de l’arabe. Quand je suis arrivée en Égypte, j’étais la seule dans la classe qui comprenait le cours alors qu’il était totalement en arabe. Même mémoriser des textes en arabe devenait facile.

Le plus grand sentiment que je garde, c’est la reconnaissance. Je me suis dit : « Alhamdoulillah, je l’ai fait !”

Si je devais donner un conseil à une sœur qui hésite à se lancer chez Litqan, je lui dirais de faire beaucoup de dou’as, de commencer avec une bonne intention, de donner du temps au Coran, de s’éloigner de tout ce qui peut devenir un obstacle et de ne jamais abandonner.

Pour moi, la recette, c’est la volonté, la passion, la persévérance, la détermination, la sincérité… et être prête à donner du temps au Coran.