Finalement, j’ai réussi à terminer. Ma cérémonie de clôture du Coran a eu lieu quatre jours avant mon départ. Je n’ai pas pu retenir mes larmes ce jour-là. Ma mère n’était pas au courant, c’était une surprise. Elle a pleuré aussi.
D’abord, je voudrais remercier l’école Litqan qui, je l’espère, sera très bénéfique pour tout le monde. Je voulais aussi remercier Moualima Saraa Oum Abdillah pour tout ce qu’elle a pu faire. Je n’ai pas honte non plus de dire devant tout le monde que je l’aime énormément, qu’elle m’a apporté beaucoup de bien et que, jusqu’à maintenant, elle est toujours une référence pour moi. Elle sera toujours ma professeure, alhamdoulilah.
(…) J’ai commencé en étant débutante, c’est-à-dire que je connaissais vraiment quelques sourates, à peu près 3 ou 4 sourates courtes du Coran.
(…) Je suis arrivée dans les cours de Saraa à l’école Litqan et, dès le premier jour, j’ai su que c’était exactement ce qu’il me fallait. Alhamdoulilah. J’ai ressenti une sorte de soulagement. Je me suis dit : c’est bon, il faut que je reste ici.
(…) J’ai avancé petit à petit dans l’apprentissage. J’ai terminé Juz ‘Amma et ensuite la professeure m’a dit que j’allais apprendre la sourate Al-Baqara. Ça m’avait fait un peu peur au début, mais j’ai fait confiance à Saraa. J’apprenais de plus en plus à la maison et même parfois pendant le cours.
(…) Ustadha Saraa nous motivait énormément, nous faisait des rappels et nous enseignait des méthodologies précises pour mémoriser et réviser. Alhamdoulilah, j’ai eu un très très bon suivi. À côté de cela, j’étais également motivée. Je faisais en sorte que mon temps soit consacré au Coran à ce moment-là parce que je voyais que c’était un grand bien. J’étais dans une classe où il y avait des sœurs assidues qui apprenaient aussi, donc nous nous entraidions toutes.
Ensuite, quand je mémorisais la sourate Al-Baqara, j’ai commencé par apprendre une demi-page, puis je suis montée très vite à une page, puis deux, puis trois, puis quatre, jusqu’à atteindre sept pages par semaine.
Parce que moi, il faut savoir que je ne suis pas quelqu’un qui a un QI énorme ou une intelligence exceptionnelle, pas du tout. Je n’aurais jamais pensé au début être capable de faire cela. Ensuite, j’ai compris que, subhanallah, Allah facilite beaucoup les choses et que la mémoire aussi, ça se travaille.
(…) Il ne faut pas avoir peur d’avancer (…) c’est vraiment une progression qui se fait petit à petit.
(…) Ensuite, je devais faire un voyage qui allait faire que je ne serais plus en France. À ce moment-là, j’avais comme objectif de finir le Coran.
(…) Je voulais absolument finir le Coran avec ma Moualima, je ne voulais pas le finir avec quelqu’un d’autre. J’en ai donc parlé à ma professeure Saraa. J’en étais à peu près aux trois quarts du Coran. Elle m’a rassurée, parce que je doutais de moi, mais elle m’a dit que j’en étais capable, que je devais juste m’en donner les moyens.
(…) Je suis rentrée à la maison et j’ai commencé à calculer le nombre de pages qu’il me restait à apprendre avant mon départ. Après mes calculs, j’ai vu qu’il fallait que j’apprenne trois pages par jour pour terminer avec ma Moualima avant le départ.
Un programme chargé.
J’apprenais donc une page le matin, une page l’après-midi et une page le soir.
C’était très difficile, mais alhamdoulilah, Allah m’a facilité les choses. Pendant cette période, je devais également aller réciter à ma Moualima. Alhamdoulilah, ma mère, qu’Allah la récompense en bien, me conduisait à chaque fois en voiture jusque chez elle et venait ensuite me récupérer, alors que cela représentait, je crois, deux ou trois trajets par semaine. J’ai également dû réciter énormément de sourates pour maintenir mes révisions.
Finalement, j’ai réussi à terminer. Ma cérémonie de clôture du Coran a eu lieu quatre jours avant mon départ. Je n’ai pas pu retenir mes larmes ce jour-là. Ma mère n’était pas au courant, c’était une surprise. Elle a pleuré aussi.
(…) Si je devais transmettre quelque chose aux sœurs qui veulent finir de mémoriser le coran. Je leur dirais que oui, c’est possible sans être forcément éloignée de la société. Mais il y a des choses à mettre en priorité dans sa vie. De nos jours, nous avons beaucoup de distractions et beaucoup de pertes de temps. Ce sont ces choses-là qu’il faut essayer d’enlever.
Bien sûr, chacune est différente, chacune a des capacités personnelles et une situation unique. À Litqan, Saraa essaye toujours de s’adapter à l’élève en fonction de sa situation.
Mais au niveau de la motivation, la professeure que j’ai eue nous a toujours motivées et aidées à rester constantes et à poursuivre notre programme, parce qu’elle voulait nous voir atteindre nos objectifs.
Moi, j’ai toujours essayé d’écouter ses conseils et de les mettre réellement en pratique.
(…) Ça a complètement changé ma vie. Cela a facilité l’apprentissage de l’arabe ainsi que celui des autres sciences de notre religion.
Il faut prioriser le Coran.
